Renette Désir, une « Fanm djanm » peu médiatisée

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Du 25 novembre (Journée Internationale pour l’Élimination de la Violence Faite aux Femmes) au 10 décembre dernier (Journée des Droits de la Personne), plusieurs pays à travers le monde ont célébré 16  jours d’activisme contre des violences sexuelles et sexistes. Selon des chiffres du Fonds de développement des Nations unies pour la femme (UNIFEM), une femme sur trois a été violée, battue, forcée à l’acte sexuel ou abusée du moins une fois dans sa vie. Si la fraternité en est une vertu cardinale, elle aurait besoin d’une bonne dose de sororité pour qu’on puisse réellement parler d’égalité. En parler en chanson, Renette Desir se fait porte-parole de la cause. 25 novembre et 8 mars, l’occasion de jeter une oreille sur « Fanm djanm » de Renette Désir, une chanteuse pas assez mise en avant.

Le nom de Renette Désir dit Netty vous dit-il quelque chose ? Le nom de Renette Désir, qui a connu un vif succès avec son titre « Yanvalou » en 2009, possède une faible résonnance en Ayiti mais valorisée à l’étranger. Cette chanteuse est très peu médiatisée, voire sous-cotée dans nos contrées, d’ailleurs. Malgré l’indifférence des trois quarts du public fan de la chanson *paillarde, Netty continue pourtant courageusement son petit bonhomme de chemin en inspirant de nombreuses jeunes artistes sans pour autant être reconnue. Netty est hors normes, elle s’impose sans conteste parmi les plus belles voix féminines haïtiennes depuis déjà quelque temps, mais elle n’est pas écoutée à sa juste valeur par la plupart d’entre vous qui écoutent la grivoiserie chantonale.

En 2018, soit 8 ans après la sortie de son premier album « Yon jou », Netty a signé son grand retour sur la scène musicale avec “Ayiti pil sou pil”. Un opus de 10 perles musicales dont l’ode féministe « Fanm djanm ». Sur ce titre inspirant et boostant, sont réunies deux « fanm djanm » Renette Désir et la rappeuse Princess Eud qui partagent avec les femmes haïtiennes une chanson qui les propulse au sommet.  « Fanm djanm » dénonce les inégalités entre les sexes, les discriminations et les violences vécues par les femmes. Un texte chanté sur la force, le courage, l’abnégation, l’endurance des femmes haïtiennes. Un morceau qui peut aider les femmes à braver la vie lorsqu’elles ont un petit coup de mou et besoin d’une bonne dose de motivation pour affronter le quotidien. Avec cette chanson, les femmes haïtiennes se sentent comprises et guerrières.

Renette Désir y appelle les femmes à se lever pour faire bouger les choses car pour elles, la lutte est leur routine, leurs tâches quotidiennes, leurs ressources, leur stratégie. Jour après jour, elles expriment leurs forces et leurs envies de vivre, en imprégnant tout leur entourage de leur courage. Elles ont su construire une lumière face à chaque difficulté, face à chaque tempête. Avec « Fanm djanm » en featuring avec Eud, Netty a voulu rendre hommage aux dames qui ont marqué sa vie et l’ont inspirée tout au long de sa carrière. Nancy Roc, Mirlande Manigat, Danielle St. Lot, Ginette Mompremier Beaubrun aka Mélanie, Mimerose Pierre Beaubrun alias Manzè, Odette Roy Fombrun, Ertha Pascal Trouillot, Lilianne Pierre Paul, Murielle Leconte, Yole Dérose, Emeline Michel. Des femmes qui utilisent la force comme bouclier et l’attitude positive comme armure. C’est aussi un hommage à toutes celles qui ont défendu la cause féminine. Dans leurs yeux, se révèle le courage qu’elles portent sur leur dos. D’elles, on peut apprendre de grandes leçons de vie. Leur grandeur réside non seulement dans leur attitude de lutte mais aussi dans leurs capacités à resurgir et à se lever. Elles savent comment faire ressortir toute leur force intérieure ainsi que leur potentiel pour ne pas se rendre et pour continuer à aller de l’avant.

Miché de Payen

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