“Ou pa chèf” : Don Kato en rajoute une couche sur Jovenel Moise

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À quelques mois du 7 février 2021, date qui devrait marquer la fin de l’ère Jovenel Moise, l’artiste engagé et profondément militant, Don Kato se prononce en chanson contre le pouvoir du président haïtien. Dans son nouveau single « Ou pa chèf », qui contient un sample du discours de Jovenel Moise prononcé à Cap-Haitien, le 18 juillet 2020, l’ex sénateur de la République en rajoute une couche sur le chef de l’Etat haïtien, en lui disant en plein dans la gueule qu’il n’est pas un chef.

Comme un gros pavé dans la marre, Don Kato du groupe Brothers Posse revient sur le devant de la scène pour éclabousser le régime Moise qui souhaite s’accrocher à sa fonction au-delà de 7 février 2020. Très engagé depuis le mandat de Michel Joseph Martelly, Antonio Cheramy dit Don Kato se veut “la voix des sans-voix” grâce au roots reggae, un sous-genre du reggae qui permet aussi l’éveil des consciences. La star de Brother’s Posse, habitué à critiquer ouvertement les dérives du pouvoir « Tèt Kale », en rajoute une couche sur le président Moise avec son nouveau titre « Ou pa chef ». Lancée par un sample du discours de Jovenel Moise («Mwen pa konnen apre Bondye nan syèl la kiyès ki gen plis pouvwa pase m nan peyi a, se mwen ki prezidan peyi a »), prononcé lors d’une conférence de presse le 18 juillet 2020 à Cap-Haïtien, la chanson de Don Kato a déjà un véritable succès sur les réseaux sociaux.

Près d’un mois après les déclarations chocs et des provocations en tous genres du président dans la deuxième ville du pays, Don Kato réagit en lui répondant dans sa nouvelle chanson. Dans “Ou pa chef” en featuring avec le rappeur DFI, l’ange rebelle du roots reggae haïtien tacle Jovenel Moise et pousse vers la porte de sortie le chef d’Etat haïtien au pouvoir depuis 2016. De quoi encourager les Haïtiens à battre le pavé.  

« Ou pa chèf » rappelle au président Moise qu’il n’est pas reconnu à sa juste valeur, qu’il n’est pas le chef des couches défavorisées et ne bénéficie ni de la confiance ni de l’estime de ceux qu’il dirige. Le texte stigmatise la corruption : «Eske chèf selèb senbolize koripsyon ? », dénonce l’opulent train de vie du chef de l’Etat et son indifférence face à la misère du peuple : « Eske chef se pandan w ap jwi epi pèp ou ap soufri , dénonce le “silence honteux” du président Moïse qui entoure les massacres dont celui perpétré contre le quartier La Saline le 13 novembre 2018 : “Pou moun Lasalin ou se trèt“.

Miché de Payen

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