Jovenel Moise dépense gros pour favoriser la reprise des bals dans le pays

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Pour la troisième fois, fin août 2019, l’opposition haitienne a brandi d’office l’arme du “Peyi lòk” pour tenter d’obtenir la démisson du président Jovenel Moise. Cette nouvelle opération qui avait visé à boycotter la rentrée scolaire, a eu du mordant. Le pays présentait l’aspect d’une ville assiégée. Pendant plus de 10 semaines, tous les secteurs étaient paralysés dont le monde du spectacle musical. La colère populaire contre le président Jovenel Moïse portait un coup sévère à l’industrie de la musique. De septembre à novembre 2019, la HMI s’est arrachée les cheveux. Alors qu’aujourd’hui le pays se relève à peine de la paralysie la plus totale, le président Jovenel Moise est prêt à tout pour favoriser et soutenir la reprise des bals dans le pays au cours de la trêve des confiseurs.

Routes coupées, des voitures en feu, des barricades qui fumaient, des vitrines et du mobilier cassés, habitants terrés chez eux, faute de transports. Les boîtes de nuit et les bars tiraient leurs rideaux. Les promoteurs et producteurs de spectacle étaient contraints d’annuler des dates de plusieurs bals programmés en septembre, octobre, novembre et à l’approche de Noël.

Chez les cadors du Konpa, il n’y avait aucune date de tournée ni à Port-au-Prince ni dans les villes de province. Les groupes de la diaspora ne comptaient pas sur les promoteurs vivant à Haiti pour rentrer faire le show sur plusieurs dates.

Il y a quelques jours, la vie a commencé à reprendre son cours normal. La plupart des commerces et des établissements scolaires ont rouvert. Les rues ont retrouvé leur animation alors qu’elles étaient désertes pendant les jours qui ont suivi l’opération “Peyi lòk” acte III. Cette accalmie fait sans doute sourire le président, qui avait promis de rétablir l’ordre avant les fêtes de fin d’année.

Dans tous les pays du monde, les politiques observent un arrêt des turbulences politiques, qu’on appelle la trêve des confiseurs ou trêve hivernale pour célébrer en paix, les uns le solstice d’hiver, les autres la nativité. Le pouvoir et l’opposition de tout pays finissent par décider de suspendre les discussions entre Noël et Nouvel An afin de permettre une relance économique. Est-ce dans cette même optique que Jovenel Moise veut attirer les groupes Konpa de la diaspora pour venir animer des bals durant la période des fêtes de fin d’année ? Pas si sûr !

D’après nos sources, pour arriver à ses fins, Jovenel Moise négocie directement avec quatre mastodontes du Konpa et assume le paiement des cachets des artistes sans être entré en contact avec les promoteurs vivant dans le pays. Ce qui a provoqué une colère de dingue chez les organisateurs de bals.

Difficile de connaître les montants exacts des cachets, mais le chef de l’Etat est en pourparlers avec des majors de la musique haitienne, basés à l’étranger et leur offre des cachets artistiques orientés à la hausse. Si certaines formations musicales ont déjà empoché les leurs, d’autres se montrent plus exigeantes sur les cachets de leurs prestations en live.

La présidence est déchirée entre inflation des prétentions des artistes et nécessité d’avoir des têtes d’affiche connues, pour assurer un semblant de paix dans ce malheureux pays déchiré par des manifestations violentes exigeant le départ du président Jovenel Moise du pouvoir.

Par ailleurs, la primature serait contre l’idée que le paiement en cachet des chanteurs et musiciens des quatre majors de la HMI, constitue le plus gros poste de dépense de l’État, en cette période de fin d’année. La rémunération des fonctionnaires publics serait la priorité du premier ministre démissionaire. Jean Michel Lapin n’aurait pas manqué de souligner l’impérieuse nécessité de payer les arriérés de salaire qui leur sont dus. Et le pire, le gouvernement serait en train de se préparer à la prochaine ( éventuelle ) pénurie de carburant.

Miché de Payen

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