Pourquoi Blaze One n’est pas nommé au PHMA 2020 ? S’interroge Miché de Payen

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Que demander de plus à Blaze One pour qu’il glane un Award ? 

Blaze One n’est pas nommé pour la 4ème cérémonie du Prestigious Haitian Music Award en janvier prochain, alors que la performance de « Vètè alaparèy », sur l’année 2019, est portée par l’immense succès de son titre « Lèt konsyans ». Pourtant, il ne figure pas sur la liste des nommés au PHMA dévoilée il y a quelques jours. Que demander de plus à Blaze One pour qu’il glane un Award? Qu’est-ce qui a bien pu pousser les organisateurs haïtiens, aux États-Unis, à laisser ainsi de côté le plus grand succès de l’année ?

La liste des nominations au prochain Prestigious Haitian Music Award est tombée le samedi 8 septembre dernier. Rutshelle Guillaume part grande favorite, avec 2 nominations – dans les catégories « Female vocal performance of the year » et « collaboration of the year » pour son duo « Doudou an mwen » avec le Guadeloupéen Antonny Drew et celui avec le chanteur du groupe Gabel Katalòg, intitulé « Aba ex yo ». 

En 2019, Roody Roodboy a été le grand gagnant de la catégorie Rap Kreyòl Artist of the year. Pourquoi une catégorie Best Hit Rap of the year n’est pas créée en vue d’honorer Blaze One pour son titre « Lèt Konsyans », le plus grand succès rap de 2019 ? Sur le géant panneau publicitaire, on voit la tête du rappeur Baky. On ignore dans quelle catégorie est-il nommé. Mais on ne va pas se mentir, sur l’année 2019, Elisé Sénora dit Blaze One n’a souffert d’aucune concurrence dans le Rap Game. C’est la sensation musicale de l’année. Son titre « Lèt konsyans » a été la meilleure « protest song » ayant ouvert des voies de réflexion sur la dilapidation des fonds PétroCaribe sous l’ère Martelly en dénonçant les failles des systèmes politiques. Pour ce morceau qui traite du mal qu’est la mauvaise gouvernance, Blaze One, que je juge talentueux, mérite un Award. 

Sa musique est accessible

Un peu à la façon de PNL en France, tout le monde écoute Blaze One. Même s’il est issu de l’école du rap, le fils du ghetto s’est assagi pour ses tubes, des sons que n’importe qui peut écouter n’importe quand même s’il a signé un autre morceau relativement controversé comme « Kraze lit la ». 

On se rend bien compte que la haine, la jalousie et l’hypocrisie dominent le secteur de la musique et du divertissement. Je vois en cette mise à l’écart de la figure de proue du rap contestataire haïtien à l’heure actuelle, un acte de « racisme musical. Tout simplement parce qu’il fait du rap, dit des mots qui dérangent et parce qu’il vient du ghetto. Je définis cette 4e édition du PHMA comme une sorte de paëlla musicale dans laquelle on met tout et n’importe quoi. 

Sa relégation au dernier plan, en dépit du succès de ses différents titres, reste toutefois « très difficile à expliquer », dit un fan de l’artiste.« Il y a une dévalorisation du produit ‘Made in Ghetto’. On ne peut pas évoquer seulement le talent dans ce putain de HMI, mais seulement du favoritisme. Être un rappeur issu du ghetto, est-ce bien sûr un handicap ?

Miché de Payen


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