Selon Dener Céide, « Savalou » veut dire À bon entendeur salut !

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Tous les groupes connus mondialement ont dû passer par la case des débuts. Et, généralement, on ne fait pas toujours des merveilles au commencement. Mais le groupe Zafèm subjugue avec son premier morceau clippé.

Avec Savalou, Zafèm semble avoir trouvé le Saint-Graal. Et l’on sent que la fièvre de cette chanson puissante, portée par les voix de Dener Céide et Réginald Cangé va durer encore quelques mois. L’attente fut longue, mais elle en valait la peine ! Zafèm ne s’est pas loupé avec son premier titre “Savalou “, sorti le 17 octobre 2019, si l’on en croit les réactions folles des fans : du génie, un chef d’oeuvre qui bénéficie d’un joli clip vidéo vite salué par la critique.

Autant par les professionnels du monde de la musique que du public haïtien, le clip vidéo est plébiscité par tous. De quoi faire décoller le groupe avec un grand sourire et beaucoup de motivation vue l’énergie et les moyens mis en place pour la réalisation de cette œuvre. Réginald Cangé et Dener Céide ont mis 7 mois pour livrer leur première chanson inédite. L’attente est récompensée. Les réactions ne se sont pas fait attendre. Le public était enchanté de découvrir ce clip qui est le fruit d’une collaboration entre plusieurs intervenants pour un produit fini plus que louable. Depuis sa sortie, le visuel de la chanson « Savalou » explose tous les compteurs sur la toile avec notamment près de 118 mille vues sur Youtube en seulement 7 jours. 

Un succès unanime salué aussi par la presse culturelle dès sa mise en ligne, le 17 octobre 2019. Sur tous les réseaux sociaux certains animateurs ont applaudi la réussite expérimentale du duo. Philippe Saint-Louis dit Pipo s’est saisi de son compte Twitter pour qualifier de “sans faute” le premier single de Zafèm. « Zafèm de R. Cangé et de D. Seide, la montagne n’aura pas accouché d’une souris au contraire, le titre Savalou est un délice en terme d’arrangement, la performance des deux chanteurs est impeccable, côté texte c’est un sans-faute, bref rien à redire, attendons la suite ». Preuve que le clip de la chanson Savalou était reconnu presque instantanément par le public. Les paroles du titre sont contagieuses mais le titre n’est pas accrocheur. Si certaines gens le balbutient en essayant de l’évoquer dans leurs conversations, d’autres n’arrivent pas à se le rappeler. C’est la prise de position de Zafèm au travers du vidéo-clip qui est pertinente vis-à-vis de son audience. La vidéo, dévoilée dans un contexte socio-politique extrêmement difficile, provoque des réactions en jouant sur les émotions du public. Voilà ce qui a aidé Savalou à devenir viral. 

 « Savalou » n’a aucun rapport avec la ville béninoise située au centre-sud du pays, berceau du culte Vaudou et ancien centre du trafic d’esclaves. 

Ça veut tout simplement dire À bon entendeur, salut ! Que celui qui comprend bien [ce que je veux dire ou ce que j’ai dit] en tire profit (ou fasse attention) ! Cette expression qui date du XVIIe siècle est en général une menace, un avertissement plus ou moins voilé. Cette expression pourrait être une allusion à la parole de l’Évangile “Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende” (Matthieu, XIII).

“Savalou” colle bien avec les propos de la chanson qui dénonce la corruption qui mène à la pauvreté. Un titre en forme de messages sociaux et moraux pour une vidéo mettant en scène des conditions de vie exécrables des gens des quartiers pauvres. Savalou est un terme qui fait référence à notre tradition, au respect et synonyme de “Ah bon entendeur salut” ( Sak gen zòrèy pou tande tande), selon les explications de Dener Céide à Adduction Média. Mais Sispann jwe ak peyi aaurait été plus accrocheur. Vu qu’il fait office de refrain. Un refrain entêtant et répétitif qui donne à ce single des allures d’hymnes révolutionnaires. Qui ne s’est jamais époumoné sur : Sispann jwe ak peyi a ( jwe ak peyi a ) Sa nou wè yo bay dlo nan je. Sispann jwe ak peyi a ( o jwe ak peyi a) Lavi moun se yon bagay serye»

Des paroles qui sont empreintes de contexte socio-politique car le pays est en pleine crise qui sent la poudre et alors que la colère populaire s’intensifie contre le gouvernement en place qui ruine et brouille l’avenir du pays. S’inspirant de la situation en Ayiti, les chanteurs protestent ici, non seulement contre la corruption, les inégalités criantes et l’injustice sociale qui tue à grande échelle, mais aussi l’irresponsabilité de l’Etat devant le désespoir des populations vivant dans les quartiers sensibles condamnées à la misère, à l’exclusion et livrées en pâture aux chefs de gangs. 

Miché de Payen #GhettoSkills


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