Dj Tony Mix joue les ordures contre BIC sur Tweeter

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« Si mizik tap chanje peyi, lè konsa Ayiti tap depase Dubaï ». Voilà un commentaire de Tony Mix sur Tweeter qui fait polémique depuis le 2 octobre dernier en réaction à la chanson de BIC, intitulée « A swiv ». Si certains internautes ont salué la poésie engagée, débridée et incisive de BIC sur ce son, ça n’empêche pas la ” critique destructive” de Tony Mix à l’égard des chanteurs engagés dont BIC.

Nous sommes tous d’accord que Dj Tony Mix s’est escrimé à faire grandir sa notoriété, à faire passer sa carrière de DJ au niveau supérieur et à marquer les esprits sur le long terme. Mais il reste l’un des artistes ayant encouragé la débauche, par l’apologie des comportements outranciers et contraires aux valeurs qu’un artiste est censé prôner. Ce dj a allumé l’étincelle des dérives verbales et comportementales, contraires aux attentes sociales. Il contribue à la spirale descendante que prend depuis quelques temps la jeunesse haïtienne. 

Nous devons tous nous réveiller de notre longue léthargie pour nous liguer contre ce type de lie de la société, ce genre d’artistes limités ( sans grands moyens intellectuels), ce modèle d’hébété qui ne lésine pas sur sa notoriété pour faire pencher le coeur de la jeunesse haïtienne vers la dépravation, la grivoiserie, l’obscénité, la vulgarité, la diarrhée musicale, pour dévaloriser voire esquinter les textes de tous les chanteurs engagés et groupes qui chantent la souffrance du peuple haïtien. 

Dj Tony Mix est le numéro un d’un courant artistique qui s’étend comme la lèpre. C’est un balourd, un ringard, un moule (modèle imposé) qui se couvre de lauriers grâce à des jeunes incultes « pro-chawa pete » qui le divinisent et aussi avec l’aide d’un luxe de sponsors et des organisateurs de spectacles qui le font mousser. 

C’est normal que Tony mix stigmatise le travail engagé des chanteurs haïtiens. Si les titres engagés ou conscients avaient aidé à dynamiter le système, Tony Mix aurait été un moins que rien. Il aurait été une queue de wagon, la mouche du coche malgré ses prétendus talents d’artiste et dj. Il peut dire merci à cette génération de jeunes têtes de noeud qui s’enthousiasment sur ses prestations à la con, qui s’arrachent ses mixtapes de bas étage dont on peut tirer aucune moralité, qui téléchargent et écoutent en boucle ses chansons immondes, désobligeantes, désopilantes, que j’appelle des excréments musicaux dans lesquels il délire, éructe des insanités et exhale son inculture. 

Si la musique engagée avait aidé à changer Haiti, cette jeunesse n’aurait pas été le dindon de ses farces musicales. Elle aurait reçu une bonne éducation, une bonne formation et elle aurait eu de bons modèles ou encore des repères identitaires. Les jeunes auraient passé des heures à farfouiller dans les rayons de bibliothèque au lieu d’acheter des places pour aller s’ambiancer sur ses mixes de merde dans des boîtes de nuit miteuses. Ils auraient été membres de clubs littéraires ou de toastmaster. Les directrices des écoles maternelles n’auraient jamais mis à fond ses chansons inconvenantes dans les classes lors des festivités. Les élèves de secondaire n’auraient pas pu amener à l’école leurs BOOMBOX (enceintes) qui diffusent ses morceaux à donf dans la cour de récré, dans la cour de l’église et dans des autobus. Ils auraient été fans de Beethova Obas, BIC, Jean Jean Roosevelt, Bélo, Manno Charlemagne, Emmeline Michel, KEB, Steeve Brunache, Toto Bissainthe, Martha Jean-Claude, Ansy Dérose, Lumane Casimir, Roger Colas,  Ti Manno,Guy Durosier, James Germain, Renette Désir, Ed Daliriks, K Libr’, Blaze One, D-fi Powet Revòlte, Masters of Haiti, 35 Zile pour ne citer que ces voix là. Dans la nouvelle Haiti, les cabotins comme Jesifra, Tonton Dezirab, Tom Malè, n’auraient jamais été appréciés au détriment de Daniel Marcelin, Guy Régis Junior, Jean-Pierre Basilic Dantor Franck Étienne d’Argent dit Frankétienne, Syto Cavé, Jessica Généus, Jimmy Jean Louis, Fabienne Colas, Évelyne Trouillot, Gary Victor, Josaphat Robert-Large, Théodore Beaubrun dit Languichat, Antony Phelps et tout le tremblement ! 

C’est parce que la musique engagée n’a rien changé que tu es devenu le soi-disant fameux Dj que tu es aujourd’hui. Arrête tes tweets hostiles à la bonne musique. Reste dans ta frange et enrichis-toi rabòdayement !!!! 

Miché de Payen



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