« Grenadye Alaso » arrive sur les plateformes de streaming musical

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Comme il l’avait promis il y a quelques jours, Jean Jean Roosevelt a sorti vendredi son 6e album en exclusivité sur les plateformes de streaming musical Spotify, Google play, amazone music et iTunes. “Grenadye Alaso” est un 8 titres sur lequel on retrouve les singles déjà connus “Fè mare Bourik la”, “Mato” et “Une Lettre à ma femme”. 

C’est ce vendredi 26 juillet que sort le 6e album de Jean Jean Roosevelt sur les plateformes de téléchargement légal, Spotify, Google play, amazone music et iTunes. “Grenadye Alaso”, un album sur lequel le chanteur se montre plus engagé que jamais, évoquant avec poigne des sujets brûlants d’actualité comme le viol collectif de jeunes étudiantes, l’assassinat de Rospide Pétion, le massacre de La Saline ou encore la dilapidation des fonds de Petrocaribe. 

Toujours indigné, véhément et aujourd’hui à la pointe d’un assaut, Jean Jean Roosevelt armé du même glaive, son « tchyaka » au verbe sans concession, plante huit graines d’un nouveau combat pour Haiti : L’unité de ses fils, son droit à sortir de la misère, des politiques qui l’y maintiennent, la restitution de la dette qu’elle a payée pour la reconnaissance de son indépendance, l’ingérence politique de ses prétendus pays amis, sans oublier l’échec cuisant des différentes missions des forces onusiennes sur son sol ou encore l’échec de l’aide internationale à Haiti. 

Mélomag vous présente 7 titres de l’opus

1- Mato

Dans cette chanson Jean Jean Roosevelt dénonce le complot des puissances étrangères contre Haiti qui entretiennent astucieusement la sujétion des Haïtiens. Il y aborde plusieurs d’autres sujets comme l’inefficacité des forces onusiennes dans le pays, l’échec de l’aide humanitaire lorsqu’elle devient structurelle, lorsqu’elle se substitue à l’Etat dans toutes ses missions. C’est le premier titre de l’album doté d’un clip. La vidéo met en scène le chanteur qui gagne les rues et s’empare de son mégaphone pour crier au complot. Il s’élève vigoureusement contre l’ingérence et l’intervention des grandes puissances  et de l’ONU dans le conflit haïtien. L’artiste s’en prend à l’interventionnisme du Canada, de la France et, bien sûr, des États-Unis qui ne cessent de répéter qu’ils désirent guider Haïti vers la démocratie et la bonne gouvernance, alors qu’ils ont toujours œuvré indépendamment et conjointement à empêcher les Haïtiens d’avoir une véritable démocratie. 

2- Pou Ayiti

Jean Jean Roosevelt se lâche sur cette chanson où il prêche une nouvelle fois l’unité de tous les frères haïtiens. Il utilise ce titre pour parler aux populations et à la diaspora. Il les exhorte à s’entendre et à mettre en pratique notre belle devise nationale L’union fait la force, au lieu de travailler pour leur compte personnel dans les pays étrangers et de s’éparpiller sans utilité pour eux-mêmes et pour la nation dont ils sont issus.

3- Chère petite France

Avec ce titre, Jean Jean Roosevelt relance le débat autour des 150 millions de francs-or que Haiti était contraint de verser à la France en échange de la reconnaissance de son existence en tant qu’État-nation. Cette rançon extorquée au peuple haïtien pour avoir « osé » accéder à l’indépendance, fut renégociée treize ans plus tard, en 1838, à 90 millions suite à un accord scandaleusement nommé « Traité de l’amitié ». Faisant ployer des générations sous le poids d’une dette illégitime, Haïti qui a lutté de longues années pour s’émanciper de la tutelle française et s’affranchir de l’esclavage, paiera, de 1825 à 1883, jusqu’au dernier centime la rançon à ses anciens colons. Pour Jean Jean Roosevelt, l’argent doit revenir à l’État haïtien et à la société civile haïtienne. L’heure est venue de réparer cette double peine subie par l’île, l’esclavage puis la rançon.

4- Simen lanmou

Simen lanmou est le langage du cœur qui touche et ouvre les cœurs, qui sème l’amour d’Haïtiens à Haïtiens. C’est un véritable dialogue fécondant, fertile qui nous encourage à propager, verser et déverser l’amour autour de nous. Lorsque l’amour passe, imprègne les humains, ouvre les cœurs, toutes les cristallisations des douleurs, des souffrances, des peurs, des résistances, des maladies, des mémoires peuvent se dissoudre ! 

5- Une lettre à ma femme 

Une chanson pour dénoncer l’indifférence, le silence des compatriotes haïtiens devant les dérives du pouvoir en place, la corruption qui continue de polluer l’administration publique, les massacres de La Saline et de Carrefour-Feuilles, le meurtre du journalistes Rospide Pétion et l’assassinat du reporter-photographe Vladimir Legagneur, la dilapidation des fonds Petrocaribe. Bref, dans cette lettre adressée à sa femme haïtienne, l’artiste qui apparaît plus combatif que jamais, n’entend ne pas se taire. Il accuse l’Organisation des États Américains (OEA) d’être responsable notre pauvreté et poursuit sa dénonciation de la tendance biaisée de l’OEA à soutenir les fraudes électorales. 

6- Fè mare bourik la 

En mai 2019, alors que les journaux font leurs choux gras des agressions sexuelles dont sont victimes des étudiantes, le chanteur sort quelques jours plus tard le titre « Fè mare bourik la » pour s’attaquer aux violeurs, sensibiliser au viol et offrir aux femmes la possibilité de libérer leur parole face aux agressions masculines. « Mare bourik la », une perle musicale qui glace le sang et qui met en évidence une réalité dure à admettre. Une sensibilisation pertinente qui nous rappelle qu’encore aujourd’hui, le viol est malheureusement une réalité pour de nombreuses femmes dans la capitale haïtienne et aussi pour celles qui vivent dans les coins les plus perdus du pays.

7- Little reminder 

Impossible de passer sous silence également cette perle musicale qui clôt l’album, “Little reminder”. Une piqûre de rappel, un must absolu sur lequel Jean Jean Roosevelt cabotine avec une fierté ravageuse. une très belle chanson où l’artiste s’abandonne et répète comme un mantra “Manman libète Anye o ! Nou se manman libète ! Mère de la liberté ! Mother of freedom” avec des accents poignants. Un refrain pour rappeler à toutes les nations du monde que « Haïti est le pays où la Négritude se mit debout pour la première fois », pour paraphraser Aimé Césaire. La première République noire du Nouveau Monde, c’est Haiti. Sur ce morceau, Jean Jean Roosevelt rappelle qu’avant d’être cette terre meurtrie, accablée par la misère, la violence politique et les calamités naturelles, Haïti a vaincu l’armée napoléonienne et a combattu les Anglais aux côtés des Américains et a aidé les USA à devenir une nation libre et indépendante. 

Maintenant que Grenadye Alaso est sorti, les fans n’attendent qu’une chose : retrouver le chanteur sur scène.


Miché de Payen

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