King Dalove : en toute intimité

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Des générations passent, des artistes se révèlent aussi. Chaque année un nouveau nom de la scène musicale haïtienne se montre. Si son nom ne vous dit rien, Dalove Dieufils Edouard, dit King Dalove « Mèt vil la » n’est pas à négliger en matière de son talent. Très motivé, il se voit loin dans les années à venir.

Comme la plupart des artistes, King Dalove a commencé à chanter à l’église. C’est là-bas qu’il développera son amour pour la musique et fera ses premiers pas derrière un micro. À la maison, il écoutait les chansons des fameux « Frères Parents ». Mais la vocation viendra des années plus tard. « Mon intérêt pour le chant s’est développé dès l’enfance. J’ai participé à un concours de chant de Noël. Je me suis présenté avec le titre « Mande w pou m rich » dans l’espoir de faire partie des sélectionnés. Mais ma prestation n’a pas enchanté les membres du jury ».

Né aux Bahamas de parents haïtiens, élevé en Haïti et installé aujourd’hui aux USA, King Dalove a passé son adolescence à faire de la comédie au pays d’origine de ses parents. C’est sous le pseudonyme de « Pè Bisou » qu’il faisait rire les gens autour de lui dans une variété d’humour déconcertante. Mais l’idée de faire de la musique lui trottait toujours dans un coin de la tête. Car c’est une passion qu’on ne lâche pas facilement une fois qu’on se lance.

Rentré aux Bahamas, King Dalove s’en remet vite à la musique. Il devient alors membre d’une chorale avec laquelle l’aventure n’allait pas durer puisqu’il devait partir s’installer aux États-Unis. C’est là où il a intégré la chorale Grace Of Tampa qui lui a appris les bases du chant. La passion pour la scène et son désir de pouvoir exercer ce métier d’une façon plus personnelle, l’ont conduit à monter son propre groupe baptisée « D&D », dont le patronyme est en fait la combinaison de son prénom Dalove et celui d’un ami Dionald. À force de persévérance, King Dalove a fini par trouver le chemin. Avec son groupe, il a finalement enregistré son premier disque intitulé « Chanjman ».

En écoutant la musique de ce chanteur de 34 ans, compliqué de ne pas fondre devant ses sonorités, influencées par le Compas, le Reggae, le Rap, le Rnb, l’Afro pop, la Salsa et le Rasin. Il s’inspire de son quotidien dans ses textes. Des sujets de tous les jours, des sujets communs à tous. King Dalove est surtout un artiste haïtien en lutte ouverte contre les régimes corrompus. Son morceau « Danse Petro » que nous vous recommandons d’ailleurs d’écouter, en est une preuve palpable. Dans un pays en proie à des troubles politiques d’une gravité extrême, les paroles de ses chansons « Kakout pran bal » et « Nou bouke » parlent de beaucoup d’injustices que subit le peuple haïtien.

Jetez un œil au visuel ci-dessous et dites-nous ce que vous en pensez en commentaire. C’est son dernier clip sorti en 2018.

Miché de Payen

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