“G5 Ayiti” slame le changement pour une Haïti forte socialement, politiquement, économiquement et culturellement.

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Depuis quelques années, les soirées de slam se multiplient aux quatre coins d’Ayiti, et des jeunes haïtiens s’illustrent dans les concours nationaux voire internationaux. La rédac’ de Mélomag a rencontré pour vous Ronald Vital, un excellent slameur, étudiant en Journalisme chez Media Academy et membre du collectif G5 Ayiti. Il a accepté de répondre à nos questions sur l’avenir du slam et son apport dans la société haitienne.

Mélomag : Comment le slam est-il venu à toi ?

Ronald Vital: En fait, le slam est arrivé dans ma vie grâce au concours préparé et organisé par la Bibliothèque Sans Frontières (BSF) entre Haïti, Mali et France. Ce qui m’a permis de publier dans le livre intitulé : « UN LIVRE POUR DEUX MAINS », financé et préfacé par Dany Laferrière en 2012.

Mélomag : Comment tu définis le slam et quel est son apport dans la société ?

Ronald Vital: Il est évident que le slam est une poésie urbaine qui transmet les émotions et met les mots, la parole en ébullition en trois minutes, sans accessoires scéniques devant le public. Slamer, c’est l’art de poétiquement nommer le réel. Moi, je définis le slam comme étant un mouvement littéraire permettant aux jeunes d’exposer leurs talents, surtout ceux issus des quartiers populeux et populaires. Donc, le slam a largement contribué au développement intellectuel de la jeunesse haïtienne en l’incitant à lire beaucoup. Voilà son apport dans la société de chez nous.

Mélomag : Qui est ton modèle en matière de slam?

Ronald Vital: En matière de slam, je n’ai pas de modèle parce qu’il y a trop de bons slameurs. Donc j’ai du mal à faire un choix. Pourtant, j’aurais bien aimé que ABD AL MALIK soit mon prototype mais….euhhh Ce n’est pas le cas, je m’excuse!

Mélomag : Je t’ai vu il y a quelques mois avec un collectif sur scène à l’Institut Français d’Haiti , tu évolues toujours en équipe?

Ronald Vital: Tu m’as vu sur scène à l’Institut Français en Haïti (IFH) avec G5 Ayiti, lors d’un concert. Et mon équipe et moi, avons beaucoup assuré lors de ce spectacle pendant deux (2) heures. Oui, j’évolue en équipe et je serai toujours en équipe, parce que l’un est la complémentarité de l’autre.G5 Ayiti, est une belle génération montante de la musique traditionnelle et contemporaine haïtienne, de ce fait, “aucune étoile n’a le droit de briller sans nous”.

Mélomag : Comment G5 Ayiti a-t-il été formé? De qui est venue l’idée de fonder ce collectif ?

Ronald Vital: En fait, c’est une longue histoire donc je vais être bref. Euh…  il y avait un concours de slam qui était organisé par la Radio Vision200 sous la direction de Mme Cajuste dont j’étais le lauréat avec le titre “Un Noël sans soleil” en 2014. Ce concours était baptisé: “Slamer-Noël “.

Après mon sacre, T-Jean m’a appelé et  demandé de le rejoindre à la faculté des Sciences Humaines pour discuter autour de l’idée de monter le G5 Ayiti. Mais c’est à Pétion-Ville que le groupe a été formé le 15 mai 2015. En fait, l’idée était de moi, ensuite je l’ai partagée avec T-Jean, Fedy et Jupy.

Mélomag : Que slame ta clique?

Ronald Vital: G5 Ayiti slame le changement pour une Haïti forte socialement, politiquement, économiquement et culturellement.

Mélomag : G5 Ayiti a déjà enregistré un album ou un single?

Ronald Vital: Vu la situation économique du groupe, on a pas encore sorti d’album mais on a  beaucoup de titres dans le tiroir comme « Le triangle de la femme », (bientôt disponible sur tous le réseaux sociaux ), « Au Bois-Caïman », « De la conquête du paradis », « Au moins deux dents », « Pwezi ak lang », « Dialogue au soleil ». Pourtant, on donne des concerts à l’Institut Français en Haïti, Ecole Nationale des arts (Enarts), au Parc historique de la canne-à-sucre, au Théâtre Nationale d’Haïti, au Bureau National d’Ethnologie, à la Bibliothèque Nationale d’Haïti, à l’Université Quisqueya, à Moulin sur Mer, au CLAC de Saint-Marc, à la Bibliothèque Anacaona. On participe aussi à des festivals, tels que : « Kont Anba Tonel », « Krèm-Lank », « Festival Vertières » et j’en passe.

Mélomag : Selon toi, quel est l’avenir du slam à Haiti?

Ronald Vital: Le slam, sera l’un des plus grands mouvements littéraires du XXI siècle en Haïti.

Mélomag : Un mot à l’endroit de la jeunesse

Ronald Vital: À l’endroit de la jeunesse haïtienne, j’aimerais dire que chacun puisse prendre ses responsabilités, travailler dur et n’attendre rien de personne. Car nous sommes l’avenir de cette nation et nous devons charbonner pour réussir, être une génération courageuse et combattante.

Entrevue réalisée par Miché de Payen


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